HISTOIRE DE L'ENTITE CELLOISE et ses villages

BREVE HISTOIRE DE L'ENTITE CELLOISE.

Après les nomades de l'âge de la pierre et les Celtes, les peuplades des Belges vivant des produits de la terre et de l'élevage s'établirent dans la large vallée boisée de l'Escaut.

La Civilisation romaine pénétra dans cette partie de la Gaule par la chaussée principale et les routes secondaires accédant aux villas,(fermes).

Les envahisseurs Francs remontèrent le cours de l'Escaut, trouvèrent plus de résistance avant Tournai où certains Rois s'installèrent (Childéric).

Le christianisme réussit à s'implanter au VIIème siècle par des missionnaires venus surtout d'Irlande.

Après le IX ème siècle, la région largement défrichée était parsemée de grandes fermes abbatiales et de châteaux forts. Le territoire de la rive droite de l'Escaut faisait partie du grand diocèse de Cambrai.

D'après AG.Chotin, (Tournai : origine des villages) de nombreuses demeures de "colons" (fermiers plus libres), de serfs (esclaves) s'établissaient autour du château d'un seigneur très puissant. Cette agglomération avec une chapelle érigée, portait souvent son nom.

D'après H. Pirenne, la noblesse du comté du Hainaut représentait au moins le dixième de la population. Dans chaque village, souvent à côté d'une seigneurie principale, existaient des fiefs secondaires.

Au cours de la première moitié du second millénaire, le Tournaisis fit souvent partie de la France.

Par la suite, après 1500, su sa situation géographique, notre région, théâtre de guerres contre la France, connut plusieurs occupations étrangères, le temps des révolutions politiques et industrielles du XIX ème siècle, l'évolution rapide du XX ème siècle avec les deux grands conflits mondiaux.

ORIGINES DE LA VISITATION DE CELLES

A l'instar de la grande majorité des communes belges, Celles se trouvait, en 1836 totalement démunie d'institut d'enseignement pour jeunes filles. Une situation que déplorait le curé de l'époque, Mr le doye, DUBOIS. Ce dernier allait entrer en contact avec l'Institut de la Sainte-Union à Kain, lorsqu'il rencontra un respectable vieillard, Monsieur DELEPLANQUE, qui lui conseilla de s'informer auprès de Sœurs de la Visitation de Gand, à sa fille Sabine oeuvrait au service du Seigneur. Monsieur DELEPLANQUE promit en outre d'intervenir dans les frais si cette dernière pouvait venir à Celles.

Monseigneur LABIS, évêque de Tournai, et Monseigneur BRACQ, évêque de Gand, marquèrent immédiatement leur accord pour cet arrangement.

C'est ainsi qu'après trois semaines de réflexion, Sabine DELEPLANQUE, devenue sœur Marie Augustine, arrive à Celles avec la mission de former des jeunes filles dans l'esprit de la Règle de Saint François de Sales : c'est-à-dire, en mettant en exergue l'amour à travers chacune des actions de la vie quotidienne. Une règle qui se définit volontairement comme moins austère que d'autres, afin de pouvoir s'appliquer à toutes.

Sœur Marie Augustine était accompagnée par une jeune orpheline, Isabelle BAUWENS, qui prit le nom de sœur Marie Sophie.

Elles arrivèrent en carriole et s'installèrent dans une humble demeure au toit de chaume et fondèrent "le petit couvent" qui était implanté face aux bâtiments actuels de la Visitation.

Développement.

Très vite, l'œuvre prit de l'extension. Dès 1837, le "petit couvent " comptait une trentaine de pensionnaires.

Un bâtiment plus vaste est construit. Le 11 janvier 1838, l'école prenait possession de ses nouveaux bâtiments… On n'avait pas grand chose à emporter : commencé à 4 heures, le déménagement fut terminé pour l'heure de la messe !

Dans un rapport de l'Administration Communale, adressé à Monsieur le Gouverneur du Hainaut, on peut lire : "Un nouvel établissement d'éducation vient de s'ériger en cette commune par les soins privés de religieuses et sous leur direction : il est destiné aux jeunes filles.

Un établissement manquait, non seulement à cette commune, mais au Canton de Celles…" et le rapport ajoute : "formant des voeux pour le développement de l'œuvre, nul doute qu'il devienne prospère et qu'il rende les plus grands services aux familles dont l'état de fortune ne permet pas d'aller chercher au dehors une éducation dispendieuse."

En 1840, suite à un accord avec le Conseil Communal, l'externat passe entre les mains de la Commune. Ce fut l'époque où la visitation, en sus de sa mission éducative, prit sa dimension sociale en relevant, comme d'autres congrégations religieuses, le défi représenté par les écoles officielles entretenues par l'Etat. Les écoles catholiques devaient faire face aux nouvelles exigences d'une société qui s'était mise à évoluer rapidement. Des besoins inconnus jusque là, se faisaient jour, suscitant l'apparition de structures également neuves, auxquelles les établissements existants devaient s'adapter s'ils voulaient vivre et se maintenir à la hauteur de l'idéal qu'ils s'étaient tracé.

En 1849, une école gratuite fonctionne pour les enfants pauvres.

Une école dominicale y est jointe – fréquentée par soixante enfants – et un atelier de dentellière, fréquenté par une vingtaine de filles.

En 1850, l'Administration Communale adopte l'école primaire. Cette reconnaissance par la Commune pose problème en 1879 pendant la période trouble de la lutte scolaire, mais après 1881, tout rentre dans l'ordre et l'école redevint communale en 1884. Les religieuses réintégrèrent leurs locaux au grand étonnement de la population.

En 1856, commence à s'élever la magnifique chapelle, aujourd'hui revendue, et qui fut bénite par le doyen Dubois, cinq jours avant sa mort, le 5 août 1859.

1881 marquera l'apparition du Juvénat pour garçonnets de 6 à 12 ans.

Et les Sœurs rachètent, en 1903, une ferme qui avait pour nom : "Ferme du Malin". Une école ménagère ouvre ses portes en 1905. Deux années plus tard, les Sœurs créent le "Cercle des Fermières" qui rassemblait les agricultrices du coin souhaitant avoir une réflexion chrétienne sur leur vie quotidienne. Elles étaient cent cinquante en 1911.

En 1906, des cours de coupe, de commerce et de comptabilité viennent s'ajouter à la panoplie déjà proposée.

En 1911, s'ouvre l'école normale pour institutrices primaires; section dont le rayonnement s'est étendu bien au-delà des limites de la région. L'impulsion donnée au pensionnat dès 1866 avait permis d préparer les jeunes filles qui le désiraient à passer l'examen d'institutrices primaires devant le jury central organisé par l'Etat. Le succès rencontré fut un précieux encouragement à s'engager dans cette nouvelle voie. On étudie longuement le projet qui concernait cette école normale. Les avis pressants et judicieux, les conseils de personnalités éminentes finirent par convaincre les supérieures. L'année scolaire 1911-1912 fut la première à recevoir l'inspection des autorités compétentes. Mais, trois années durant, la reconnaissance officielle fut postposée. A telle enseigne que, lorsqu'éclata la première guerre mondiale en août 1914, l'école n'avait pas encore reçu l'acte légale d'agréation définitive. On aurait pu croire, à ce moment, que l'école était mal partie; c'était compter sans la détermination de la congrégation qui, comme le roseau de la fable qui ne rompt pas, poursuivit ses démarches et obtint, en juin 1915, l'agréation tant attendue. Les diplômes délivrés en 1917 et 1918 furent légalement entérinés.

M. Harmignies ratifié l'acte d'agréation et entérina l'homologation des diplômes délivrés jusque là.

Les locaux provisoires étaient devenus trop exigus : les supérieures de la Visitation firent construire de plus grands bâtiments. Cette école normale prit par la suite une ampleur dont on peut, aujourd'hui encore, mesurer l'envergure à travers les liens puissants qui lient les anciennes de la Visitation.

C'est le 29 juillet 1925 que Monseigneur Rasneur, évêque de Tournai, fit l'inauguration officielle des nouveaux locaux de l'école normale, apportant à l'œuvre sa paternelle bénédiction.

Il est à noter qu'en 1914-1918, le Couvent a hébergé la population de quelques villages du Nord de la France, notamment du Quesnoy-dn-Deûle.

Tout au long de cette longue et pénible période, les sœurs ont été solidaires de ceux qui étaient, chez nous, les plus éprouvés.

1938 : l'école ménagère devient "Section Mater Admirabilis". Elle occupe le rez-de-chaussée et le premier étage du bâtiment de l'école normale qui, elle, a ses classes et ses dortoirs aux second et troisième étages.

Le 5 novembre 1938, c'est l'installation de la statue de "Mater Admirabilis" dans le hall d'entrée.

Aux premiers jours de la guerre 1940-45, la Maison est occupée par les allemands qui y installent un hôpital. De nombreux soldats y sont décédés.

Les corps étaient exposés à l'Oratoire avant d'être inhumés près de la Chapelle Notre-Dame de Lourdes. Durant cette période, les Sœurs de la Visitation ont accueilli les sœurs de Charité de Tournai, accompagnées de leurs malades.

Elles acceptèrent aussi, avec les dangers que cela comporte, de cacher chez elles un jeune Cellois qui avait refusé d'aller travailler en Allemagne; les aînés savent également que les religieuses n'ont pas manqué de soutenir les efforts faits par la population pour venir en aide aux prisonniers et aux familles en détresse. La salle des fête fut souvent mise à la disposition des groupements locaux pour y organiser des spectacles au profit des prisonniers.

La Résistance y trouve aussi aide et appui.

En 1956, à la demande de l'évêque de Tournai, la visitation de Celles fusionna avec la congrégation des Sœurs de Saint François de Sales de Leuze.

Désormais, la congrégation serait celle des "Sœurs salésiennes de la Visitation". Conséquence de cette fusion : le départ de l'école normale primaire à Leuze.

C'est ainsi que la chère maison de Celles a vécu bien des changements !

Le Noviciat l'a quittée pour s'établir à Châtelineau, au cœur d'un quartier populaire, la section moyenne a été l'objet de la rationalisation de l'enseignement secondaire, le juvénat "la douce volière", comme chantaient les garçons, a perdu sa raison d'être. L'école d'éducatrices, née à Celles en 1955, s'est installée à Liège dès 1957, pour devenir le Centre de Formation Educationnelle et Logopédique – Enseignement Supérieur Pédagogique : réponse aux besoins des jeunes d'aujourd'hui. Quant à l'école normale gardienne, venue d'Ath en 1963; elle a rejoint l'école normale primaire à Leuze en 1973.

La Visitation de Celles, comme bien d'autres institutions, a vécu les mutations du monde et de la société. Les bâtiments qui abritèrent tant de grandes entreprises, ont été partiellement vendus. Mais le bâtiment central abrite, depuis 1973, les sœurs qui, pour la plupart, viennent y trouver le repos bienfaisant d'une retraite bien méritée après une carrière dans l'enseignement ou au crépuscule d'une vie vouée aux missions à l'étranger.

 

LES VILLAGES DE L'ENTITE A TRAVERS LES SIECLES ...

1. CELLES

Ce résumé, délibérément incomplet, a été rédigé d'après les documents patiemment rassemblés par feu Monsieur Jean DELESTRAIN pendant plus de soixante ans)

Etymologie

Celles dérive de "Cella" signifiant en latin cellule ou petit monastère.

Ce monastère comptait à l'origine quelques moines, vraisemblablement dépendant de l'abbaye de Saint Thierry de Reims.

Une chapelle existait en 1182 mais son emplacement est ignoré. Le premier abbé connu se nommait Hugues, en 1207.

Le village fut ensuite appelé Chielles en 1186, Chelle en 1189, Chelles en 1313 et enfin Celles à une date qui n'a pu être fixée.

Situation et aspect général

Le village est situé au centre de la vallée séparant le Mont-de-l'Enclus du Mont-Saint-Aubert. Son altitude au centre est de 19,2m; le point culminant (46m) se trouve au nord du petit bois en bordure de la route de Tournai-Renaix.

Sa superficie est de 932,5 ha, dont +/- 8 ha bâtis.

Les routes principales rayonnent du centre vers les communes avoisinantes. La plupart des sentiers de jadis ont hélas été rayés de la carte, victimes de la motorisation et du remembrement.

Plus de la moitié de la population habite le centre du village. Il existe cependant quelques hameaux : la Basse Plaine, la Sucrerie, le Chemin du Moulin, la Bacotterie, le Petit Hollaye. Les maisons isolées sont rares, excepté les fermes.

Histoire

La première Seigneurie connue était celle du Gardin, déjà citée en 1182; elle occupait l'emplacement de la ferme Bayaert. Dès les XVème siècle, plusieurs Seigneuries se partageaient l'influence locale. Parmi les principales, citons celles de Formanoir, de Méaulne, de La Haye, du Grand Châtelet, de la Cucquière, de la Mouillerie.

Certaines de ces Seigneuries possédaient un pilori où le seigneur exerçait son droit de justice en y faisant enchaîner les délinquants.

Seul le pilori des Seigneurs de la Haye (monument classé datant du début du XVIIème siècle existait encore à son emplacement initial près de la ferme de M. MONTAGNE. Deux autres piloris dont l'emplacement est connu n'ont pu être retrouvés.

Autrefois, Celles et Molenbaix ne formaient qu'une seule commune dont la séparation fut décrétée par un arrêté royal daté du 13 juin 1836. Celles était chef-lieu de canton depuis le 20 mars 1793; il l'est resté jusqu'au jour des fusions.

Eglises et bâtiments divers.

L'église, monument classé depuis 1934 est un bâtiment en style gothique scaldien. Une chapelle comprenant une seule nef existait vers 1250, probablement à l'emplacement de l'actuelle chapelle de la Vierge. La tour date du début du XV ème siècle; le clocher fut achevé en 1512.

L'église comptait alors deux nefs. Elle fut agrandie vers le sud d'une troisième nef en 1779, puis reconstruite, sauf la tour, en 1906. Les inhumations avaient autrefois lieu dans l'église ou dans une crypte située sous la tour. Plus tard, un cimetière clôturé d'un mur entourait l'église. En 1853, le cimetière actuel le remplaça.

Elle est dédiée à Saint Christophe depuis 1482, des documents attestent l'existence d'une confrérie en 1723; celle-ci fut réorganisée en 1923.

Un pèlerinage, avec bénédiction des véhicules et vénération de la relique a lieu chaque année depuis 1924. Le bras reliquaire de Saint Christophe, en argent et vermeil, date de la fin du XV ème siècle. L'église est ornée de très nombreux vitraux et lambrissée de chêne. Le Chemin de croix ainsi que les peintures qui ornaient le mur droit de la chapelle Saint Christophe et les fonts baptismaux ont été enlevés en 1970. Le ban de communion a été transféré au fond de l'église. Un mémorial rappelant les noms des vingt-deux victimes des deux guerres a été placé sous la tour en 1950.

Monument aux morts.

Le monument (le premier qui fut édifié dans le canton) est adossé au chœur de l'église. Il fut inauguré en 1921.

Chapelles

On dénombre 9 petites chapelles, dont deux sont propriété de la paroisse.

La chapelle du couvent de la Visitation, datant de 1859, fut désaffectée en 1976; un oratoire dédié à la Vierge subsiste à gauche du hall d'entrée.

La chapelle de l'Institut Saint Joseph fut ouverte en 1908.

Une chapelle privée existe encore dans un local du Grand Châtelet, celle du château de la Cazerie fut fermée en 1830.

Calvaire

Le premier calvaire, en bois, fut édifié en 1781. Détruit par une tempête en 1826, il faut reconstruit en vois de chêne en 1830. Restauré en 1941, il fut réédifié en pierre en 1949, ainsi que les marches et l'autel servant de reposoir lors des processions.

Bâtiments divers

Il existait aussi quelques bâtiments industriels aujourd'hui disparus ou désaffectés, notamment un moulin à vent, un moulin à vapeur, une sucrerie (1872-1876), deux brasseries, deux séchoirs à chicorée, une tannerie (avant 1914), une raffinerie de sel, une scierie mécanique, un atelier de construction de planteuses de pommes de terre (Claimil), un atelier de montage de charrues (Delabassée) une briqueterie, un tissage mécanique, un garage avec atelier de réparations.

Avant 1945, on recensait 31 fermes dans notre localité. 16 sont encore exploitées en 1991.

Transports en commun

Avant 1700, une diligence effectuait tous les jours le trajet Tournai - Courtrai en passant par Celles.

En 1842, un service de messagerie est organisé vers Tournai et Renaix deux fois par semaine. La ligne de chemin de fer reliant Tournai à Renaix avait un arrêt à la gare de Celles-Escanaffles; son exploitation avait commencé en 1882 mais la ligne fut supprimée en 1951. Des autobus remplacèrent cette ligne en passant par le centre du village. En outre, depuis 1938, un service privé d'autobus relie Celles à Tournai et Renaix.

Métiers disparus

Comme dans la plupart des villages, beaucoup de métiers ne sont plus représentés. Les cellois du troisième âge pourront certainement encore associer un ou plusieurs noms ou visages à de nombreux représentants de ces métiers d'antan : forgeron, maréchal ferrant, charron, bourrelier, sabotier, meunier, couvreur en chaume, coupeur de tabac, tailleur de pierres, paveur, plafonneur, cordonnier, tailleur, tisserand, modiste, piqûreuse, couturière, dentellière, repasseuse, jardinier, bûcheron, élagueur, batteur de matelas, horloger, photographie-imprimeur, hôtelier-restaurateur, marchand ambulant, dentiste, voiturier, brasseurs, porteur de tonneaux, chauffeur, sage-femme, coiffeur, géomètre-arpenteur, greffier, télégraphiste, téléphoniste, peintre-tapissier, berger,… et quelques métiers d'appoint tels que : sonneur de cloches, bedeau, chaisière.

2. ESCANAFFLES

L'origine du nom vient de "Escaut" borne naturelle qui fait la séparation de la Flandre avec le Hainaut.

Si la première partie du nom s'explique ainsi, on peut voir pour le second membre (affles) l'ancien mot germanique "ahwjo" qui signifie "prairie humide".

Il est donc permis d'interpréter "Prairie de l'Escaut".

Dans son ouvrage sur Escanaffles, Monseigneur Descamps s'étend davantage sur cette origine.

Il est bon de rappeler ici que c'est le lit primitif de l'Escaut qui fait limite avec la Flandre, Autrefois, l'Escaut était beaucoup plus sinueux. Il passait notamment, quasi à proximité de l'Eglise de Outrijve. Il existe encore, à plusieurs endroits, des coupures de l'ancien Escaut, ou encore, sur des prairies, des parties plus basses situant l'emplacement du lit primitif.

Par suite de ces rectifications, une partie du territoire d'Escanaffles s'étend sur la rive gauche du fleuve, entre ce dernier et l'ancien lit. Une partie beaucoup plus petite du territoire de Outrijve subsiste sur la rive droite à proximité de l'embouchure de La L'Haye. Rappelons encore qu'un barrage sur l'Escaut a existé entre Outrijve et Escanaffles.

Escanaffles occupe la pointe "Nord" du Tournaisis et bien entendu de l'entité de Celles. Autrefois, Escanaffles touchait aux deux Flandres, à Avelgem : Flandre occidentale, d'une part, et à Orroir, Flandre orientale, d'autre part. Cette limite avec la Flandre orientale n'existe plus depuis le rattachement de la commune d'Orroir à la Province de Hainaut.

Le village est situé, sur la rive droite de l'Escaut, au croisement de deux voies de communication très importantes : la chaussée de Tournai à Audenarde et la route Provinciale de Celles à Avelgem, principal axe routier reliant le Hainaut occidental à la Flandre occidentale.

Différents auteurs nous rappellent que notre territoire a, autrefois, été foulé par plusieurs peuplades étrangères.

Dans des notes de M. Edm. Hanton, ancien instituteur à Escanaffles, on peut lire "Vers l'an 800, pour résister aux invasions normandes, on construisit un château fort entre Escanaffles et Outrijve, le long de l'Escaut, des caves existent encore dans les prés de Leuze. Autrefois, on a proposé au propriétaire de faire des fouilles mais il n'a pas donné son consentement.

M. A. de Vreese, ancien d'Escanaffles écrivait, en 1952 "La citadelle d'Escanaffles, autrefois dans la boucle de l'Escaut, a été bombardée et détruite par les troupes françaises de louis XIV lors des guerres d'invasion de ce monarque entre 1657 et 1713, je crois avoir lu que ledit bombardement a eu lieu en 1695"

Monseigneur Descamps, dans son ouvrage, signale encore que la conquête romaine a laissé des traces chez nous. Des découvertes archéologiques l'attestent ainsi que des restes d'une voie romaine allant de Tournai vers les Flandres. Il ajoute que les Francs, peuplade germanique, ont déferlé sur nos contrées à partir du 5ème siècle.

Au moyen âge, notre région était peuplée de nombreux châteaux forts. On peut citer pour Escanaffles :

Une forteresse construite le long de l'Escaut, près de Outrijve, pour résister aux invasions normandes (Château de Leuze). Les souterrains existent encore dans les prairies. On ne sait ce qu'ils renferment, aucune fouille n'a jamais été entreprise… (actuellement, au-delà du nouveau lit de l'Escaut rectifié, et derrière l'Eglise de Outrijve.)
Un château fort près de la limite d'Orroir, sur la droite de la chaussée de Tournai ) Audenarde, lieu-dit "LE VIVIER". Ce château se trouve inscrit sur une carte qui date de 1690 et qui était alors à l'usage de l'état major français.
En cette année 1890, une armée autrichienne comptait à Escanaffles, sur la rive droite de l'Escaut et vers Audenarde.
L'armée française se trouvait sur la rive gauche vers Espierres.
Un château fort, au hameau de Grand Breucq, habité par les Comtes de Saint-Genois. L'un d'eux, raconte une légende de ce temps là, se rendit tristement célèbre. Ceci n'est, très probablement, qu'une légende car on ne cite ni la date du crime, ni l nom de son auteur, ni l'endroit exact. Un plan du parc du château de Grand Breucq existe, avec photo du château. Un agrandissement, effectué, montre qu'il existait de nombreuses fenêtres. Dans l'histoire de Pottes, écrite en 1952, il est fait allusion à ce "très important château qui contenait 185 fenêtres". Plus tard, à la révolution française, cette famille perdit ses privilèges. Tous ses biens furent vendus en 1806.
Monseigneur Descamps s'étend plus longuement sur cette seigneurie de Grand Breucq, qui fut érigée en comté, en faveur de Charles de Saint Genois, par un acte de 1655. Il rappelle également la légende évoquée plus haut.

Pour le moyen âge, les renseignements sur les Seigneurs d'Escanaffles sont fragmentaires :

en 1151, Manassés d'Escanaffles asservit une de ses servantes au monastère de Saint Ghislain.

en 1649, Ernest Lamoral de Landas, vicomte de Fleurival était Seigneur des Aunes.

Une ancienne famille seigneuriale d'Escanaffles fut la famille de Châtillon – Saint-Pol.

La maison princière de Salm posséda aussi à Escanaffles un château, peut être une citadelle qui fut détruite par les troupes de Louis XIV, sans doute vers 1695. (voir plus haut château à la limite d'Outrijve).

Aux XVIIè, XVIIIè siècles, les Le Louchier sont seigneurs de Rhosne.

La Seigneurie des "De Saint Genois" et de Grand Breucq" a déjà été citée.

Il semble qu'à la fin de l'Ancien Régime, le Comte de Grand Breucq ait été le seigneur principal et ait possédé, à Escanaffles, un corps complet de gens de loi.

Sous le régime français, l'Administration communale a pris, en grande partie, la physionomie que nous lui connaissons aujourd'hui.

Le régime hollandais duré de 1815 à 1830.

La proclamation de notre indépendance n'amena pas grand changement.

En 1836, le Bourgmestre et les deux Echevins sont les mêmes que sous le régime hollandais (M.M. Albert – Joseph SIX, Pierre-Joseph STURBAUT et Désiré BELIN).

A la veille des fusions des communes, le dernier bourgmestre d'Escanaffles fut M; Henri FLEURQUIN et son secrétaire M. Jacques BUSINE.

Outre ces trois anciens châteaux d'Escanaffles, aujourd'hui disparus, on attribue ce nom de château à – le château de la Place (autrefois occupé par M. de Vreese – aujourd'hui aménagé en maison de repos), le château de Saulchoir (occupé un certain temps par la famille d'un ancien Ministre de la guerre, Couseband d'Alkemade, aujourd'hui à usage de restaurant occupé par les frères Bourgeois), la grosse maison construite au Joncquois par feu M; Léon Libert, de même que le chalet de M. Jules Deschamps, au flanc de la ferme de la Louchère, furent aussi appelés Châteaux.

Il y a cent ans, les habitants d'Escanaffles, en général, cultivaient la terre. Le travail de la ferme occupait, à l'époque une main d'œuvre considérable. Des ouvriers allaient travailler en France "ils faisaient la saison". Ils partaient en mai pour revenir vers le 15 août. Il existait également, à l'époque, de nombreux anciens métiers aujourd'hui disparus : pureur, coupeur de paille, coupeur de tabac, barbier, tonnelier, scieur de long, sabotier, couvreur de paille, chaudronnier (cauderlier, meunier (cacheu), tireur de bateaux, vannier, chaisier, "capneuse de coqs",etc.

Il existait autrefois, dans le village, de nombreux cabarets, nous possédons une liste, non limitative, de 87 d'entr'eux.

La création d'une sucrerie fut un événement important pour la vie du village. Elle fut fondée en 1872, fêta son centenaire en 1972, fut modernisée régulièrement au point d'être une des sucreries les plus performantes de Belgique, et se voir disparaître en 1990.

Nous ne connaîtrons jamais les raisons exactes qui ont justifié cette décision. On a parlé de concentration dans l'industrie sucrière belge. Ce sont des raisons économiques, sans doute, qui dépassent notre compréhension, car, entre-temps, n'a-t-on pas annoncé que Wez et Warcoing s'étaient associés pour construire une nouvelle sucrerie à Fontenoy.

Sous l'ancien régime, l'exercice de la justice revenait au seigneur. Il existait autrefois, près de la clôture de l'ancien cimetière, lequel entourait l'église, deux piloris dont les girouettes portaient les armoiries des Seigneurs du village. L'une était aux armes de Saint Genois, l'autre à la famille de Salm. Le pilori qui se dresse encore aujourd'hui, sur le territoire d'Escanaffles, relevait vraisemblablement de la Seigneurie de la Haye.

Il reste à vous parler de l'Eglise, une des plus belles de la région, qu'entoure une double rangée de platanes, vieux arbres aux troncs évidés, troués de part en part, dont les verts feuillages abritent de nombreux nids. Ce site est un véritable modèle.

Elle est dédiée, depuis très longtemps (sans doute depuis ses origines), à Saint Martin évêque de Tours, l'un des Saints les pus populaires de l'occident et titulaire du plus grand nombre d'églises dans nos contrées.

Le monument offre un intérêt certain au point de vue historique et archéologique et présente des parties d'époques diverses : une nef romane et trois nefs gothiques.

La dernière restauration de l'édifice date d'après la guerre 1940-1945 (en 1954). Elle en fit une des plus belles églises du doyenné.

Il faut enfin constater que, de Tournai à Audenarde, toutes les églises des communes riveraines de l'Escaut sont bâties à quelques mètres seulement du fleuve, sans doute parce que toute l'activité industrielle et commerciale était concentrée sur le fleuve et les deux routes, de part et d'autres parallèles à l'Escaut.

3. MOLENBAIX

Molenbaix fit toujours partie du Comté de Hainaut et de la Châtellerie d'Ath avant de dépendre du département de Jemappes, dans l'arrondissement de Tournai. Au point de vue religieux, Molenbaix s'intégrait à la paroisse de Celles, diocèse de Cambrai, puis dépendit de l'évêché de Tournai en 1802. Elle fut érigée en paroisse en 1833. Le village de Molenbaix souvent écrit "MOLEMBAIX" fut érigé en commune par la loi du 13 juin 1836. Jusque là, il n'avait été qu'un hameau de Celles. La nouvelle administration communale ne fut installée que le 3 novembre 1836.

Sous l'ancien régime, Molenbaix était une importante seigneurie dont dépendaient sept arrière-fiefs à Celles, Velaines, Mourcourt et Mont-Saint-Aubert.

Après avoir appartenu, dès le XIIIème siècle, à la famille dite Gobiert de Corbion, elle entra dans celle des Lannoy par le mariage de Guillebert avec Catherine Gobiert de Corbion (fin du XIVème s). Les Lannoy, dont certains furent chevaliers de la Toison d'Or conservèrent la seigneurie de Molenbaix jusqu'en 1550, année où Marie de Lannoy épousa Jean de Glynes. Les époux étant décédés sans postérité, la seigneurie passa à la tante de Marie, Yolande de Lannoy, femme de Jacques de Croy-Solre.

Cette dernière maison resta en possession de la seigneurie jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Notons que depuis la seconde moitié du XVIIème siècle, les seigneurs se firent appeler barons de même marquis de Molenbaix (titres de courtoisie).

La création de la paroisse avait précédé celle de la commune. Jusqu'alors succursale de Celles, elle fut érigée en paroisse par une ordonnance épiscopale du 16 août 1833 (Mgr. Labis), confirmée par arrêté royal du 4 octobre 1836. Elle fait bien entendu partie du doyenné de Celles.

Molenbaix a conservé un caractère rural. En 1866, la surface cadastrale était estimée à 1.139 ha. En 1846, il y avait 1.118 ha consacrés à l'agriculture, principalement à la culture des céréales. En 1972, aucune entreprise n'y employait plus de cinq personnes.

Le village de Molenbaix possède encore deux monuments notoires et quelques fermes anciennes :

l'Eglise Saint-Ghislain (1849) a été bâtie d'après les plans de feu Louis DELLVIN, architecte à Mons, elle a remplacé une ancienne chapelle qui avait le même patron.
Son mobilier forme un ensemble d'une rare qualité (lambris, autel, chaire de vérité, confessionnaux). Le banc de communion, provenant sans doute de l'abbatiale de Saint-Martin à tournai, aurait été entreposé après la révolution française en l'Eglise Saint Jacques de Tournai.
L'antique château qui avait été construit en 1186 a été remplacé au XVIIème siècle par un pavillon de chasse lui-même aménagé et augmenté au tout début du XIXème siècle pour former le château actuel, les autres bâtiments communs et colombier étant des constructions plus tardives du milieu du XIXème siècle.


4. POPUELLES

Popuelles est une petite commune dont le centre est établi dans la vallée du Lozet.

En 1970, Monsieur Lambert a retrouvé les traces d'un ensemble romain (Ier au IIIème siècle après J.C.) assez spacieux recouvrant une habitation primitive en voix.

Au second millénaire, Popuelles est une seigneurie qui passa par voie de mariages de la famille des de Popioel (12ème au 14ème s) à celles des de Cordes (15ème s) puis à celle des Le Louchier (16ème et 18ème s) et finalement échut, par héritage, à la famille du Sart de Bouland (fin 18ème s).

l'Eglise, dont le patron titulaire est Saint Vaast, possède une nef et une tour semi-classique datant de 1780-1784 tandis que le chœur a été relevé et agrandi en 1868.

La population était avant tout agricole tout en possédant quelques artisans (forgerons,…) et un moulin à vent : le "Moulin des Hayes" qui disparut en flammes la nui du 9 septembre 1928.

Le village a été desservi par la ligne vicinale Frasnes – tournai créée en 1900 avec l'établissement d'une gare vicinale.

5. POTTES

L'ancienne commune de Pottes a une origine qui remonte très loin dans le temps.

Néanmoins, elle n'est citée pour la première fois dans les relevés de fiefs aux archives de Tournai qu'en 1017 puis en 1186 et en 1314. Elle était traversée par une chaussée romaine qui allait de Tournai à Audenarde en suivant la rive droite de l'Escaut.

La localité remonte donc à l'époque romaine. Le dénomination du village dérive du mot latin "Posta" signifiant "station", "poste". Une station était un lieu d'arrêt, une étape où des employés du gouvernement romain entretenaient quarante chevaux de trait et un certain nombre de voitures à l'usage et à la disposition du public.

De cette époque – près de 2.000 ans – on a retrouvé à la rue Cadu, des vases de terre cuite contenant des monnaies romaines, débris de meules, de moulins à bras, d'armures et d'instruments en fer.

D'ailleurs le hameau de Cadu est le centre géographique du village.

Jusqu'à la dernière guerre mondiale, les kermesses s'y déroulaient. Ce centre va lentement se déplacer vers l'Escaut avec la construction de l'église par les seigneurs de Germignies. La place publique va se stabiliser devant les bâtiments de l'administration communale édifiée en 1901.

Les Seigneuries

Deux seigneuries se partageaient le territoire : celle de Germinies et celle du Quesnoy.

--> Le Château-ferme de la Place

Cette seigneurie a donné son nom à un hameau du village. Elle existe depuis le XIIème siècle et appartenait à .

Monseigneur Thierry puis à Gérard Ier de Pottes, ce dernier décédant en 1170.

Faut-il affirmer que ce fief n'est pas plus ancien ? Que non ! Cette seigneurie importante – 333 hectares – doit avoir une origine plus lointaine.

Ce fut naguère une place fortifiée qui dut subir les assauts des Vikings, ces hommes du Nord, cruels et voleurs, qui se déplaçaient en drakkars sur l'Escaut en remontant le fleuve vers la France.

Après Gérard de Pottes, par héritage, la Seigneurie passa successivement aux "Stavels" et aux "Marnix". En 1660, la baronnie fut vendue à Pierre de Croix de Bauffremez. Par mariage, les "Beauffort" puis les "Levis de Mirepoix" obtiennent le domaine qui devient une grande exploitation agricole.

--> Le Manoir du Quesnoy-en-Pottes.

C'est Charles d'Aubermont, souverain prévôt de Tournai, qui fit élever vers 1630 ce château de style espagnol. Il englobe un vieux donjon datant du XIIIème siècle.

Dans la façade du château apparaît une pierre rectangulaire dans laquelle sont gravés deux noms : "LILLE" à gauche et "HAINAUT" à droite.

Cette gentilhommière était ainsi érigée sur deux juridictions différentes.

Trois curiosités : la salle basse bien restaurée, les salles de Lille et du Hainaut et la chapelle castrale.

Les pères Récollets qui obtinrent un couvent derrière le parc du château furent dispersés par Joseph II en 1785.

En août 1692, après la sanglante bataille de Steenkerque, les soldats français campèrent dans la plaine de Pottes. En 1697, Louis XIV occupa le manoir comme place forte de sécurité.

Ai XVIIIème siècle, la propriété passa à la famille Van de Kerchove.

Depuis 1990, le château a été vendu.

L'église

La tour de l'ancienne église est classée. Elle date de 1432 et avait été construite en pierre de Tournai, venues par l'Escaut, par les soins des seigneurs de Germignies.

C'est à cause des querelles entre lesdits seigneurs et ceux du Quesnoy au sujet de leurs places à l'église que les premiers, voulant en finir, obtinrent la permission d'ériger un édifice religieux dans leur domaine. Par dépit, les châtelains du Quesnoy construisent une chapelle en leur château. Conséquence : l'église n'est pas au centre géographique du village. En 1777, on démolit la nef pour agrandir le bâtiment devenu trop exigu; la population étant alors de 2.200 habitants.

Le 17 juillet 1911, un incendie violent la dévaste et seule la tour est épargnée. L'édifice fut reconstruit en style néo-gothique, en 1912-13, suivant les plans de l'architecte Clerbaut de Tournai.

Métiers d'autrefois.
Métiers et Coutumes d'antan

La terre de Pottes est très favorable à la culture du lin. Une petite industrie rouissait, teillait et filait. Dans beaucoup de maisons, il y avait une salle à tisser. Les femmes et leurs filles avaient un rouet.

EN 1925, on cultivait beaucoup de tabac. Les enfants étaient engagés pour enfiler les feuilles. Les ouvriers adultes gagnaient alors jusqu'à 25 F par jour. Le tabac était vendu à 9 F le Kg.

Au moulin "Peteaux" au marais de Lannois et à la Mousserie, deux moulins à huile fonctionnaient. Celui de la Mousserie fut détruit par le tempête de 1876.

Trois moulins à vent à farine furent aussi démolis; ils étaient établis au Grand Semet, rue Bazin, au moulin dit "Allard" et le moulin de l'Alouette.

En 1930, on dénombrait 8 tourailles ou séchoirs de chicorées. En 1880, la chicorée se vendait à 20 F la tonne; en 1930, le prix avait décuplé.

Chez Emile Bocquet-Henneghien, on brûlait les cossettes blanches issues des séchoirs; elles étaient ensuite moulues et prêtes à accompagner votre café.

Chez Polet, au Rivage, une briqueterie produisait annuellement 700.000 à 800.000 briques.

On y dénombrait aussi 2 brasseries et une vinaigrerie.

Coutumes anciennes

La lessive

Jusqu'en 1880, la lessive était annoncée d'avance afin de retenir le personnel requis. Les buresses (nom dérivant de buée) étaient demandées pour telle date toujours à peu près la même pour chaque foyer. Les jeunes gens veillaient, la nuit, sur le linge étendu dans les grandes prairies.

Le papenai et la baromai.

Deux fêtes, le première pour la récolte du colza, la seconde pour celles du froment.

Lors de ces manifestations, on mangeait du riz à la cassonade, on jouait au piquet en buvant de grandes pintes de bière.

Pour la baromai, le fermier tuait les plus beaux coqs, puis on mangeait des gaufres pour "boucher les trous".

 

Pottes: Le centre du village jadis et aujourdh'hui

Dans le village aux 10 hameaux, le bourg du Cadu était le centre géographique de Pottes. D'ailleurs, des vases de terre cuite contenant des monnaies romaines, des débris de meule, des moulins à bras, des armures et instruments en fer. Rien d'étonnant puisqu'une chaussée romaine traversait Pottes d'Hérinnes vers Escanafles (route d'Audenarde) avec un arrêt (Posta) avant la guerre. Des kermesses s'y déroulaient aussi.(carte de Pottes)
Par la suite, les activités se déplacent aux abords de la maison communale, des écoles et de l'église. Les bâtiments communaux actuels ont été construits en1901. La première école communale mixte était située dans une maison spacieuse, propriété du notaire Henneton, mort en 1888 à l'emplacement d'une aile de l'institut. Le nouveau complexe scolaire actuel fut inauguré le 1er septembre 1984 ( un projet de 1952-53) du bourgemestre, Joseph Samain). Avant 1968, la commune comptait une école pour filles, une autre école pour les garçons.L'église est dédiée à St Antoine. En 1107, le premier curé connu serait Guillaume à la tête de l'ancien petit édifice religieux. La construction de la tour classée remonte à 1432 avec son très beau clocher (hauteur : 33,5 mètres) de style gothique primaire, comme à Celles. Des modification ont été apportées au XVIII siècle : un agrandissement du bâtiment pour les 2.000 habitants (1761), la construction de deux nefs latérales de style classique (1777). En juillet 1911, la foudre détruisit l'édifice et épatgne la tour restaurée en 1908. La reconstruction eut lieu en1912. L'église subit de graves dégâts par les bombardements de 1918. L'intérieur mérite d'être souligné : chair de vérité en chêne avec sculture, confessionnaux de style Louis xvi, une statue en bois de la Vierge, un abat-voix...

L'institut St-Joseph, à son origine, remonte à 1874. Fondé par les chanoines Blervacq, donateurs de le maison et du grand jardin. il s' établit aux abords immédiats de l'église. Contiguë, la maison de la veuve du notaire Henneton (ancienne école) fut donnée en 1892 avec le jardin pour forler la propriété du CPAS. La congrégation des religieux de Notre-Dame de bonneEspérance de Binche se mit au service des pensionnaires.

Le château-ferme de Guermignies appartenait aux seigneurs de Guermignies depuis le xii siècle, à Monseigneur Thierry puis à Gérard de Pottes décédé en 1170. Cette seigneurie, de 333 hectares jadis, a une origine plus ancienne. Par héritage, elle passa successivement aux Stavele, Marnix, vendue à Pierre de la Croix de Beauffort, Mirepois... Devenue ferme depuis 1880, la famille Vandenbogaerde établit l'un des huit séchoirs de chicorées de Pottes. A côté du porche se trouvait une prison. Dans cette ferme entourée de larges fossés, une tour carré s'élevait dans la cour.(art. du Nord Eclair du dimanche 16 juin 2002 par M. Gustave Samain.)


6. VELAINES

Velana était le domaine agricole de Velanus, un puissant Seigneur d'où le nom du village : Velaine (1186), Verlenes (1313).

En 1977, des fouilles en bordure de la route de Popuelles ont permis de découvrir les vestiges d'une villa gallo-romaine à portique et des objets en céramique, des poteries des Ier et IIème siècle après J.C.

Au début de second millénaire, de riches seigneurs occupaient de grands domaines : les Seigneuries de la Chaussée de Maubray, d'Ogimont, de Seigneuriel et du Petit Quesnoy. Certains Sires de Velaines donnaient des parties de terres aux abbayes pour le salut de leur âme.

En vertu de l'art. 2 du traité des limites du 16 mai 1769, le Roi de France céda à l'Impératrice d'Autriche l'enclave de Velaines. C'est alors que l'église semi-classique fut rebâtie en gardant le chœur gotique de 1550.

La première route pavée avant 1830 fut celle qui se dirigeait vers la ferme de la Melle à Mourcourt.

Plus de cent exploitations agricoles fournissaient le lait aux laiteries.

Le vent actionnait les ailes des moulins perchés aux endroits les plus élevés.

Fin du siècle dernier, les deux brasseries desservaient les quatre-vingts cabarets de la localité.

En 1915, le commandant militaire de la 6ème armée allemande y établit son siège. L'école communale des garçons fut occupée. Les deux instituteurs firent classe dans des maisons.

En 1938, le village connut un conflit social entre ouvriers agricoles et fermiers. La loi communale du 14 mai interdisait tout rassemblement de plus de trois personnes. La grève se termina le 21 août 1938.

Le 1er août 1963, le patelin fut éprouvé par le tragique accident d'un car d'ouvriers à Dergneau.

 

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